Bienvenue sur le forum, en cas de problème contacter un administrateur ici

Vies et Destins dans le Marquisat de Lunian

Modérateurs : Dux Sanophis, Modérateur public

Avatar de l’utilisateur
V Saltzpyre
Messages : 373
Inscription : 10 nov. 2016, 21:35

Vies et Destins dans le Marquisat de Lunian

Messagepar V Saltzpyre » 24 nov. 2016, 13:31

Léandra étant actuellement retenue par de plus hautes et plus pressantes affaires, elle m'a chargé de poursuivre l'étude de notre peuple et de nos contrées.
Dans le cadre de mon apprentissage sous sa docte férule et suite à une demande de Marissa d'El Roff, j'ai été envoyé à travers le pays pour compiler les us, coutumes et techniques des bonnes gens de Lunian.
Vous trouverez ci dessous divers extraits du mémoire que je prépare à ce sujet.

Traditions agropastorales du pagus de Sanophia

Au nord-est de la ville de Sanophia, j'ai pu observer une organisation très intéressante de l'espace agricole. L'érosion générée par de petits affluents de notre principal fleuve découpe une série de côtes parallèles, orientées Est-Ouest. Ces côtes font l'objet d'une intense culture par les paysans de Lunian. Cette culture, optimisée, dit-on, par un studioso du nom de Robertus, au temps jadis, tire profit des variations de fertilité et de l'orientation des vallons. Sur le versant sud, la vigne couvre des arpents entiers. Le raisin se gorge de soleil même à la toute fin de l'été. Les vendanges tardives qui en résultent permettent d'obtenir un divin nectar, suave et liquoreux, qui fait les délices de toute la noblesse de l'Empire. Le tiers inférieur des vallons est occupé par des champs de céréales, du maraîchage, et des vergers. Ces plantes puisent dans le limon des alluvions et colluvions tous les nutriments nécessaires à leur croissance. La proximité de l'eau rend l'irrigation inutile. C'est donc par la force des choses et sans aucune débauche d'énergie que les habitants tirent leur subsistance de ces cultures. Ceci leur permet de se consacrer à l'entretien de la vigne et à l'élevage sur le versant nord. En effet, cette terre privée de soleil se couvre d'herbe grasse, gorgée de rosée. C'est donc un pâturage idéal pour des cheptels de bovins et d'ovins. C'est aussi une bénédiction pour les habitants : lorsque les jours déclinent, que le vin fermentent dans les chais et que les travaux de la ferme sont réduits, hommes et femmes s'affairent à valoriser la peau et la laine de ces animaux. Le fruit de leur labeur est ensuite convoyé chez les tisserands les plus réputés du pays. Le sommet des collines est occupée par les bourgades et des bois. Cette position stratégique des villages a été établie par Dame Drana, après les terribles inondations qui ont frappé Lunian il y a plus de quatre siècles. Cette position offre l'avantage d'une vue dégagée sur les environs, d'une protection contre les crues et de l'optimisation de l'occupation des sols. En effet, nul part la terre n'est aussi pauvre que sur ces gâtines exposées aux éléments. Un autre exploit à porter au crédit des studiosi de Lunian est l'élaboration, dans ces bourgs, de grands moulins à vent permettant de pomper l'eau depuis les cours d'eau jusqu'au bourg, pour l'alimentation des habitants, mais aussi pour mouvoir les meules pour la farine, les fouloirs pour le raisin et le cardage de la laine. Là où les bourgs s'achèvent commencent les bois. Il s'agit de petites parcelles de feuillus, utilisées pour le chauffage des bourgs et le petit outillage. Ces arbres rabougris ne présentent guère de qualité pour les ouvrages de menuiserie, toutefois leurs formes torturés inspirent les artistes. Les champignons et le gibier de ces bois constituent aussi un mets de choix pour les studiosi et les seigneurs de céans. Enfin, la grande variété des plantes de ce terroir contrasté alimente les meilleurs herboristeries de Sanophia.
Dernière édition par V Saltzpyre le 04 déc. 2016, 19:19, édité 2 fois.
K4 : Treor, mage, ministre de la Recherche de Lunian
K5 : Victor Saltzpyre, chasseur de mages, membre actif du CROM (pôle Interventions et Diplomatie)
Avatar de l’utilisateur
V Saltzpyre
Messages : 373
Inscription : 10 nov. 2016, 21:35

Re: Vies et Destins dans le Marquisat de Lunian

Messagepar V Saltzpyre » 28 nov. 2016, 00:53

Autre extrait du mémoire :

Impôts, subsistance, contributions

L'une des grandes forces du Marquisat de Lunian est son rationalisme. Celui-ci s'applique également dans le calcul de l'impôt. Rappelons que, si le seigneur incarne le pouvoir militaire, l'autorité civile est l'appanage des studiosi, réunis en conseil. Il est évident très courant que le seigneur soit aussi studioso, afin de siéger au conseil. Ce système n'est pas parfait : il engendre des jeux de pouvoirs et d'influence souvent complexes, mais qui ne sont pas l'objet de la présente relation. Ils méritent qu'on s'y attarde, une autre fois. L'objet du propos est le système d’impôts historique du Marquisat. Si le mode de calcul actuel m'est inconnu - il s'agit d'une information sensible, réservée au seuls proches du Marquis - des ouvrages soigneusement conservés dans la bibliothèque annexe de Sanophia m'ont révélé un système mis en place plusieurs siècles auparavant et qui a fait ses preuves.
Ce système tient pour acquis que "la meilleure forteresse d'un souverain est le bien être de son peuple" (pour paraphraser le célèbre Nicolaïos Machiavelli) et s'attache donc à garantir le bien être du peuple - tout en assurant la prospérité des nobles et des studiosi et l'expansion du commerce extérieur.
Les fondations de ce système sont les suivantes :
  1. Une rétribution de subsistance et d'autonomie, distribuée sous forme de biens de première nécessité à tout citoyen de Lunian
  2. Le salaire des travailleurs, payé en monnaie aux travailleurs, selon leurs responsabilités, valeur et mérites.
  3. Une taxe sur les échanges marchands, en or, repartie entre les droits de douane et la taxation du commerce intérieure. Cette taxe finançait l'entretien des routes, des ports et des quais ainsi que le soutien au commerce sous toutes ses formes
  4. Les taxes militaires. A l'origine au nombre de trois : la taxe décimale, la taxe centenaire et la taxe millénaire. Ces taxes permettaient d'équiper les milices, l'ost d'ordonnance et les troupes d'élite.
  5. Les corvées et la taxe capitale. Ces taxes en nature et en or garantissait le bien être des nobles et des studiosi, ainsi que l'entretien du Marquisat.
  6. Les redevances banales. Ces redevances étaient perçues par les conseils des studiosi pour l'entretien des ouvrages banaux, mis à disposition de chacun, tels que les moulins.


1. La rétribution de subsistance et d'autonomie
Il s'agit du salaire de base de tout citoyen, quelque soit son extraction ou sa naissance. Lunian réserve 50% de ses terres agricoles aux cultures vivrières et assure ainsi un approvisionnement minimal en denrées alimentaires. De même, sur la base d'un recensement trisannuel, les studiosi estime les besoins en articles de première nécessité - hors alimentation - et garantissent leur production. Il s'agit notamment des vétements, chaussures, vaisselle...
Grâce à cette approche systématique et pragmatique, chaque pagus produit de quoi assurer son autosuffisance. Les surplus sont d'abord stockés, puis distribués aux braves gens frappés par le destin lorsque leur péremption approche.

2. Le salaire
En sus de la rétribution de subsistance, les travailleurs de Lunian reçoivent une juste gratification. Ce salaire est calculé sur la base de la qualité de leur travail et de leur implication. Il montre la gratitude des autorités qui les gouverne. Dans la mesure où ce salaire est versé en complément d'une rétribution couvrant les besoins fondamentaux des citoyens, le salaire n'est pas élevé. Il offre aux citoyens méritants une opportunité d'améliorer le quotidien et génère une émulation bienvenue, poussant l'ensemble des travailleurs à se dépasser. Il est abondé par les taxes sur les échanges marchands, sur le principe suivant : le travail des citoyens enrichissant tout le pays, il est juste qu'ils en reçoivent une part. Le prélèvement sur les échanges marchands intérieurs obéit à une logique un peu différente : l'argent échangé lors du commerce intérieur provient en grande partie de ce salaire. Taxer ces échanges garantit donc un retour sur investissement presque direct.
3. Les taxes sur les échanges marchands
Les taxes se décomposent en deux parties : les droits de douane et les taxes sur le commerce intérieur. Les premiers ont plusieurs objectifs : limiter les distorsions de concurrence entre les partenaires commerciaux et le Marquisat, financer les contrôles sur la qualité des biens vendus au Marquisat, la sécurisation des convois commerciaux et l'entretien des ports et autres lieux d'échange et de stockage. Une partie du produit des taxes est abondée au fonds de garantie. Ce fonds, également alimenté par les cotisations des marchands au prorata de la valeur des biens transportés, sert à limiter les pertes du propriétaire des biens si ceux ci devaient être détruits, volés ou perdus. Elles permettent aussi de financer le salaire des citoyens.
Les taxes sur le commerce intérieur sont perçues lors des échanges entre deux citoyens de Lunian. Elles sont indexées sur la valeur des biens échangés. Sont exonérés nobles et studiosi. Ces taxes, réinjectées dans l'économie via le salaire, dopent la croissance de la contrée. Elles favorisent aussi l'entretien et la sécurisation des routes. A l'instar du commerce extérieur, elles alimentent également un fonds de garantie, moindre cependant.

4. Les taxes militaires
3 natures de taxes se distinguent. Si elles ont toute pour finalité d'assurer la défense du Marquisat, leur échelle est différente.
Elles fonctionnent toutes sur le même principe : à l'âge de seize ans, tout citoyen, homme ou femme, doit se présenter au conseil municipal pour être recensé. Est présent un représentant du seigneur. Celui ci choisit, à sa discrétion, un homme sur dix pour servir dans la milice locale, un sur cent pour servir dans l'ost du Marquis, un sur mille pour servir dans les troupes d'élite. Les hommes n'ayant pas été choisis payent l'équipement, le salaire et l'entrainement de la personne désignée. En cas de manquement flagrant au jugement du représentant du seigneur, c'est sa progéniture qui est versée dans l'armée. Les femmes sont exemptées de cette taxe, mais peuvent néanmoins se porter volontaires pour servir, en plus du recrutement normal.

5. Les corvées et la taxe capitale
Chacun doit contribuer à la gloire du Marquisat : les nobles par la force des armes, les studiosi par leur intellect et les citoyens par leur ardeur au travail. Les deux premiers, par la nature de leurs activités ne peuvent subvenir à leurs besoins matériels. Ce sont donc les citoyens qui y contribuent, par le biais de la taxe capitale. Celle ci, perçue chaque année, en argent, garantit le train de vie des autorités. Elle est identique pour chaque tête, d'où son nom.
Les corvées quant à elles sont une mise à disposition auprès des studiosi, pour le centième de l'activité annuelle, des capacités d'un citoyen. Ces corvées assurent l'entretien des biens publics, ainsi que des missions d'intérêt général (nettoyage des villages, luttes contre les incendies et les épidémies, etc).

6. Les redevances banales
Si les biens publics sont utilisés par tous, certains ouvrages municipaux font l'objet de redevances spécifiques. Parmi ces ouvrages se retrouvent les moulins, fours, scieries, forges, qui sont la propriété du Marquis, mais qui servent aux citoyens. Ceci payent une redevance pour l'usage de ces biens. Il s'agit d'une redevance en nature, calculée en proportion des biens dénombrables (une planche sur dix) ou bien par un couple mesure comble - mesure rase (le paysan livre un boisseau comble de blé au meunier, celui-ci livre le surplus aux studiosi et moud un boisseau ras) pour les biens non dénombrables. Ces redevances ont pour objet d'assurer l'entretien des ouvrages et la construction de nouveaux ouvrages. Dans la même catégorie peuvent se ranger les frais de justice.
Ce système ancien me semble fort juste et fort bon et je ne puis que recommander humblement à notre Marquis d'en user avec la sagesse qui est la sienne.
K4 : Treor, mage, ministre de la Recherche de Lunian
K5 : Victor Saltzpyre, chasseur de mages, membre actif du CROM (pôle Interventions et Diplomatie)
Avatar de l’utilisateur
V Saltzpyre
Messages : 373
Inscription : 10 nov. 2016, 21:35

Re: Vies et Destins dans le Marquisat de Lunian

Messagepar V Saltzpyre » 02 déc. 2016, 11:40

Organigrammes politiques et institutionnels

La maitrise exceptionnelle de l’administration par les studiosi et la clarification des relations entre les 3 pouvoirs donnent au Marquisat une efficacité administrative que bien d'autres contrées lui envient.

  1. Séparation des pouvoirs

    Au Marquisat de Lunian, les pouvoirs judiciaire, exécutif et législatif sont séparés aux différentes échelles de gouvernance et dans les limites du codex impérial. Ceci assure aux citoyens une qualité de vie certaine.

  2. Pouvoir judiciaire

    La justice - hors justice impériale - est rendue pour les magistrats. Les magistrats sont des studiosi spécialisés dans l'étude du droit. Les magistrats sont représentés au Conseil des Ministres du Marquis par le Grand Prévôt de Justice, lui même élu par le congrès des magistrats.

    Chaque province du Marquisat dispose d'une prévôté, compétente pour juger les délits. Elle interviendra dans les affaires de vol, d'abus de pouvoir, de corruption ordinaire, de vandalisme, d'agression et de bagarre n’entraînant pas la mort. Elle est aussi compétente pour régler les contraventions administratives (non paiement des redevances ou des impôts, non respect des délais, etc). Ces prévôtés provinciales se constitue d'un juge, nommé par le Marquis sur proposition du congrès des magistrats, d'un procureur, d'avocats, de huissiers et de greffiers. Toutes ces personnes sont des studiosi formés au droit. Ils se voient adjoindre des assistants pour les tâches triviales. Les jurés sont tirés au sort parmi les citoyens. Les villes de Lunian et Sanophia disposent d'une prévôté communale, intervenant sur le périmètre de la commune, en sus de la prévôté provinciale.

    Les crimes sont jugés par la Haute Prévôté de Sanophia. Elle réunit la fine fleur des magistrats de Lunian, reconnus par leurs pairs pour leur droiture et leur équité. Dans le cadre de la Haute Prévôté, les jurés sont tirés au sort parmi les studiosi du Marquisat tout entier, afin de favoriser les débats contradictoires et l'éclosion de la vérité.

    Un citoyen jugé est présumé innocent jusqu'au verdict. Chacun peut faire appel de la décision de la prévôté. Un citoyen peut toujours recourir à l'agent impérial en poste dans chaque prévôté s'il estime que le codex impérial a été bafoué ou que son jugement est inique. Toutefois, ce recours est en pratique de plus en plus rare : la justice impériale faisant preuve de moins d'humanité dans l'application des peines.

  3. Pouvoir exécutif

    Le pouvoir exécutif est aux mains des maires de ville et villages, des gouverneurs de province et finalement du Marquis, qui peut le déléguer à son Conseil des Ministres. Le pouvoir exécutif a pour mission de faire appliquer la loi.

    Le conseil municipal, formé de conseillers élus parmi les studiosi de la municipalité - par les studiosi de la municipalité (il s'agit d'un suffrage capacitaire) - présidé par le maire (élu lui même par ses conseillers) règle les affaires courantes de la municipalité. Il dispose notamment de prérogatives en matière d'entretien de la voirie et des édifices publics, en matière de gestion des ordures, en matière de gestion des eaux et en matière d'éducation.

    Le maire doit, au début de son mandat, demander la mise à disposition de miliciens par le seigneur local. Ces hommes agiront en qualité d'agents du Guet et pourront constater les infractions et - accompagnés d'un huissier de la prévôté - saisir les biens litigieux.

    Le gouverneur provincial joue le même rôle à plus grande échelle. Il est élu de la même façon, par ses conseillers provinciaux, eux-même désignés au suffrage capacitaire par les studiosi de la province. Nul ne peut être à la fois conseiller provincial et municipal. Il permet de coordonner les politiques locales. Toutefois, la limite entre son autorité et celle des maires est parfois floue. Portant la charge de Bailli, il dispose du droit de mener des enquêtes sur ses terres.

    Les communes de Lunian et Sanophia ne sont pas soumises à un gouverneur provincial, mais à un maire de cité, siégeant à la tête du conseil communal, qui combine et remplace les conseils municipaux et provinciaux. Le reste de la province, hors la ville, est soumis au régime usuel.

    Enfin, le Marquis assisté de son Conseil des Ministres décide des orientations de politique intérieure. Le Marquis, en tant que Grand Bailli est chargé de la police judiciaire sur son territoire. En pratique, cette tâche est délégué à l'Adjoint du Grand Bailli, reconnu pour ses qualités de limier, et ses sbires. L'Adjoint du Grand Bailli siège au Conseil.

  4. Pouvoir législatif

    Les lois du Marquisat sont promulguées par le Marquis, sur proposition du Parlement de Lunian. Les lois sont proposées par le Marquis, par le Parlement, ou par une pétition signée par 2/3 des studiosi du Marquisat. Le Parlement est élu par les studiosi, au suffrage capacitaire plural. En effet, la voix d'un conseiller municipal, communal ou provincial compte double, celle d'un ministre compte triple et celle du Marquis, quintuple.

    Les ministres n'ont pas autorité sur le processus législatif, mais le Marquis peut, sur leurs conseils, mettre son véto. Chaque loi est examinée par un collège d'experts impériaux avant promulgation pour s'assurer du respect du codex impérial.

    Les accords internationaux ne sont pas examinés par le Parlement. Les seules lois votées portent sur la gestion intérieure.
K4 : Treor, mage, ministre de la Recherche de Lunian
K5 : Victor Saltzpyre, chasseur de mages, membre actif du CROM (pôle Interventions et Diplomatie)

Revenir vers « Annonces 2016-2017 »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité